Showing posts with label poem. Show all posts
Showing posts with label poem. Show all posts

Thursday, 8 June 2017

Liberté Paul Eluard

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom
Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom
Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom
Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom
Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom
Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom
Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom
Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom
Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté.
Paul Eluard

Friday, 4 March 2016

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf- The Frog who Aspired to Become as Big as the Ox

La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

Une Grenouille vit un Bœuf,
Qui lui sembla de belle taille.
Elle qui n’était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse s’étend, et s’enfle et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur ;
Disant : Regardez bien, ma sœur,
Est-ce assez ? dites-moi ? n’y suis-je point encore ?
Nenni. M’y voici donc ? Point du tout. M’y voilà ?
Vous n’en approchez point. La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout Bourgeois veut bâtir comme les grands Seigneurs ;
Tout petit Prince a des Ambassadeurs :
Tout Marquis veut avoir des Pages.










The Frog who Aspired to Become as Big as the Ox
A Frog espied an Ox that seemed to her of a noble size.
She, no bigger than an egg,
Envious, stretches, puffs up and labours
To match the animal in size,
Saying: "Hey watch me sister;
Is this enough? tell me; am I there yet?
-No way! -How about now? -Not at all. - Is that it ?
You aren't even close." The puny, pretentious creature
Swelled up so much that she croaked.
The world is full of people who aren't too wise:
People with some money wish to build like royalty,
Every minor prince has ambassadors,

Every marquis wants servants.

La Cigale et la Fourmi- The Grasshopper and the Ant

La Cigale et la Fourmi
La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal. "
La Fourmi n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.


The Grasshopper and the Ant

  The Grasshopper having sung
All the summer long,
Found herself lacking food
When the North Wind began its song.
Not a single little piece
Of fly or grub did she have to eat.
  She went complaining of hunger
To the Ant's home, her neighbour,
Begging there for a loan
Of some grain to keep herself alive
Til the next season did arrive,
"I shall pay you," she said
"Before next August, on my word as an animal.
I'll pay both interest and pricipal."
  The Ant was not so inclined:
this not being one of her faults.
"What did you do all summer?
Said she to the grasshopper.
  "Night and day I sang,
I hope that does not displease you."
  "You sang? I will not look askance.

But now my neighbour it's time to dance."

Le Corbeau et le Renard- The Crow and The Fox

Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard par l’odeur alléché
Lui tint à peu près ce langage :
Et bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phenix des hôtes de ces bois.
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie :
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.
Le Corbeau honteux et confus
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.










            The Crow and The Fox

Master Crow sat on a tree,
Holding a cheese in his beak.
Master Fox was attracted by the odour,
And tried to attract him thus.
"Mister Crow, good day to you.
You are a handsome and good looking bird!
In truth, if your song is as beautiful as your plumage,
You are the Phoenix of this forest."
Hearing these words the Crow felt great joy,
And to demonstrate his beautiful voice,
He opened his mouth wide and let drop his prey.
The Fox seized it and said: "My good Sir,
Know that every flatterer,
Lives at the expense of those who take him seriously:
This is a lesson that is worth a cheese no doubt."

The Crow, embarrassed and confused,
Swore, though somewhat later, that he would never be

tricked thus again.

Friday, 12 February 2016

Je t'aime encore



I love you still
I love you always
I love you much more
Day after day
I love you still
And my love,
I will love you my entire life

Je t'aime maman


This is my poem
It is very short
It is charming
It is my poem
"I love you mum"

Tuesday, 5 January 2016

Mon cartable

 Mon cartable 


Mon cartable a mille odeurs.
Mon cartable sent la pomme, 
My schoolbag has one thousand smells.
My schoolbag smells the apple,
The book, the ink, the rubber,
And the coloured pencils.
My schoolbag smells the orange
The bushes and the nougat.
He smells all we can eat
And all we can’t eat.
The fig and the tangerine,
The gold paper or silver,
And the marine shell,
The sails going out the harbour (…),
The long hair of my mother
And the cheeks of my father,
The morning in the light,
The rose and the chocolate. 
Le livre, l’encre, la gomme,
Et les crayons de couleurs.
Mon cartable sent l’orange,
Le buisson et le nougat.
Il sent tout ce que l’on mange
Et ce qu’on ne mange pas.
La figue et la mandarine,
Le papier d’argent ou d’or,
Et la coquille marine,
Les bateaux sortant du port. (…),
Les longs cheveux de ma mère
Et les joues de mon papa,
Les matins dans la lumière,
La rose et le chocolat.



  Pierre Gamarra


Tuesday, 17 March 2015

The Raven and the Fox Le Corbeau et Le Renard

The Raven and the Fox          Le Corbeau et Le Renard

Perch'd on a lofty oak,
Sir Raven held a lunch of cheese;
Sir Fox, who smelt it in the breeze,
Thus to the holder spoke:--
'Ha! how do you do, Sir Raven?
Well, your coat, sir, is a brave one!

So black and glossy, on my word, sir,
With voice to match, you were a bird, sir,
Well fit to be the Phoenix of these days.'

Sir Raven, overset with praise,
Must show how musical his croak.
Down fell the luncheon from the oak;
Which snatching up, Sir Fox thus spoke:--

'The flatterer, my good sir,
Aye liveth on his listener;
Which lesson, if you please,
Is doubtless worth the cheese.'

A bit too late, Sir Raven swore
The rogue should never cheat him more.

Jean de La Fontaine, Fable II, Livre I.

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
« Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »

A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. »

Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.
 

Jean de La Fontaine (c. July 8, 1621 - April 13, 1695), French poet, was born at Château-Thierry in Champagne.

His Fables of animals and everyday life are masterworks of French literature and took their inspiration from Aesop, Horace and ancient Indian literature such as the Panchatantra.

Did you know:

A set of postage stamps celebrating La Fontaine and the Fables was issued by France in 1995.